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Article Le Point du 16.02.2017

Ces entreprises françaises qui réussissent en Allemagne

Les filiales allemandes des entreprises françaises se portent bien mieux que leurs maisons mères, selon la chambre de commerce française en Allemagne.

PAR FRÉDÉRIC THERIN, À MUNICH

 

L'Allemagne est un pays qui effraie de nombreuses entreprises françaises. La langue de Goethe et ses déclinaisons, la mentalité germanique réputée rigoureuse, pour ne pas dire austère, et la concurrence locale très affûtée découragent un grand nombre de sociétés. La République fédérale est pourtant toujours notre premier marché à l'exportation et notre plus important fournisseur.

 

Il existe aujourd'hui dans ce pays plus de 4 000 compagnies qui comptent un actionnariat majoritaire situé dans l'Hexagone. Si on exclut les petites structures en zone frontalière et les doublons –des sociétés appartenant aux mêmes actionnaires –, il subsiste environ 2 300 filiales à vocation commerciale et industrielle liée au commerce extérieur français. Ces compagnies emploient près de 400 000 personnes chez notre voisin. Et le moins que l'on puisse dire est que les « courageux » qui ont fait le pari de traverser le Rhin ne regrettent pas leur choix…

 

Un chiffre d'affaires qui décolle

 

Pour la deuxième année consécutive, la chambre de commerce française en Allemagne et sa filiale Strategy & Action International viennent de publier une enquête sur les filiales d'entreprises françaises en République fédérale. Ces sociétés sont fort logiquement présentes dans les métiers où l'Allemagne est puissante. Plus du tiers de ces compagnies travaillent ainsi dans l'industrie (37,8 %), un secteur qui représente 22,6 % du produit intérieur brut (PIB) allemand contre à peine 12,6 % en France. Nos entreprises sont aussi très bien implantées dans les services (28,6 %) et la distribution (23,5 %).

 

Ces filiales affichent, pour la plupart d'entre elles, d'excellentes performances. Leur chiffre d'affaires a augmenté en moyenne de 20 % de plus que celui de leurs maisons mères lors des cinq dernières années. 28,4 % de ces sociétés ont même vu leurs revenus décoller de plus de 30 % depuis 2012. Un chiffre largement supérieur à celui enregistré dans l'Hexagone (20,7 %).

 

L'avenir semble également au beau fixe pour ces compagnies. Plus du tiers d'entre elles (38 %) tablent sur une croissance de leur chiffre d'affaires d'au moins 30 % sur les trois prochaines années. Une majorité de ces entreprises (53 %) prévoit de recruter du personnel dans un avenir proche et 55,2 % des dirigeants interrogés estiment que leurs investissements vont dépasser la barre symbolique des 10 % de leurs revenus d'ici à 2020.

 

Plateforme d'exportation

 

L'Allemagne est un marché important pour les Français qui se sont implantés sur place. Pour plus d'un quart de ces sociétés, leur filiale allemande génère au moins 20 % de leur chiffre d'affaires total. 6,2 % de ces groupes enregistrent même plus de la moitié de leurs revenus de l'autre côté du Rhin. Ce pays sert aussi de véritable plateforme d'exportation, car le « made in Germany » a la cote aux quatre coins du monde. 36,1 % des filiales françaises en Allemagne exportent ainsi plus de 10 % de leurs revenus. L'international représente même plus du tiers de l'activité d'un quart de ces sociétés.

 

Pour réussir, ces entités doivent être gérées par des locaux. Plus des trois quarts des filiales ont ainsi moins de 10 % de Français dans leur encadrement. La langue allemande a, par contre, perdu de son importance puisque l'anglais est la langue dominante dans plus de 45 % des succursales, selon l'enquête du CCFA, qui a déjà aidé près de 1 400 entreprises hexagonales à s'implanter en République fédérale.

 

Les 46 experts trilingues de cette chambre de commerce conseillent chaque année près de 100 sociétés qui souhaitent tenter l'aventure allemande. Leurs bureaux hébergent et gèrent, en outre, plus de 230 filiales pour un chiffre d'affaires consolidé de près de 190 millions d'euros. Alors, pourquoi hésiter plus longtemps ?

 

PAR FRÉDÉRIC THERIN, À MUNICH

Publié le 16/02/2017 à 08:45 | Le Point.fr


Article Le MOCI du 22.01.2017

Focus Allemagne : comment le « mittesltand » français outre-Rhin exporte, investit et réexporte

Quand l’Allemagne, le premier partenaire commercial de la France, annonce une croissance économique de 1,9 % en 2016, on comprend que les entreprises de l’Hexagone établies sur le premier marché européen soient optimistes. On vient d’en avoir la confirmation avec la présentation, à laquelle était conviée la Lettre confidentielle, du rapport d’enquête 2106 « perspectives et mesure du niveau d’autonomie des filiales françaises en Allemagne », à Paris, le 16 janvier, réalisé par la Chambre de commerce française en Allemagne (CCFA) et le comité Allemagne des conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF).

 

Au total, la France dispose de 4 000 sociétés outre-Rhin (représentant 400 000 emplois), mais, en vérité, « on évalue à 2 300 celles qui font du commerce extérieur, dont 50 % avec un chiffre d’affaires de moins de 10 millions d’euros et 80 % un effectif inférieur à 250 salariés », a tenu à préciser Frédéric Berner, directeur général adjoint de la CCFA. « Au nombre global, il faut, notamment, retrancher tous les entrepreneurs individuels qui ont une petite entreprise, un commerce, en particulier ceux qui bénéficient d’un régime frontalier privilégié », selon le président de l’institution consulaire, basée à Sarrebruck, Aman Rufin.

 

Suisse, Autriche… marchés de redistribution

 

Si on s’en tient au bilan de l’année écoulée, 20 % des filiales outre-Rhin représentent 20  à 50 % du chiffre d’affaires de leur maison mères et même, pour 6,2 %, c’est plus de la moitié.  Le poids de ces entreprises ne risque pas de s’envoler, si l’on considère que près de 38 % estiment que leur chiffre d’affaires doit bondir de plus de 30 % dans les trois prochaines années et près de 50 % de plus de 10 %. « L’Allemagne est considérée comme un marché stratégique », a ainsi pointé Frédéric Berner.

 

Enfin, ce qu’a relevé Alain Bentéjac, qui préside le Comité national des CCEF, « 95 % au moins ont une implantation extérieure à partir de l’Allemagne et même 40 % ont entre deux à cinq implantations additionnelles ». L’Allemagne est considérée comme « une plateforme de redistribution et les entreprises françaises démontrent ainsi qu’elles ont compris tout l’intérêt du made in Germany pour exporter », a commenté le directeur général adjoint de la CCFA, en citant comme marchés ciblés, « d’abord Suisse et Autriche, puis Europe du Nord et, enfin, pays de l’Est ». Plus encore, plus de 55 % veulent investir sur place au moins 10 % de leur chiffre d’affaires au cours des trois années à venir en Allemagne et 53 % augmenter leur effectif.

 

De la difficulté de faire de la croissance externe

 

Dans l’enquête CCFA-CCEF, un focus était posé sur « le niveau d’autonomie des filiales ». Le rapport 2016 montre que seules 27 % des filiales sont représentées au comité de direction (Codir) de leur maison mère et plus de 88 % des entreprises françaises se développent en Allemagne par croissance organique. « Ce qui signifie que moins de 12 % font de la croissance externe, et, pourtant, cette option prend de l’ampleur, en raison de la pyramide des âges en Allemagne », explique Frédéric Berner. En fait, aujourd’hui, les entreprises familiales qui ont connu les trente glorieuses rencontrent des problèmes de succession. En outre, le marché du travail est très tendu, car le chômage est bas, de l’ordre de 6 % au niveau fédéral et seulement 4 % dans certains länder majeurs, à l’instar du Bade-Wurtemberg et la Bavière.

 

Répondant à une question de la LC sur les opportunités offertes aux entreprises françaises en matière de fusion-acquisition, le directeur général adjoint de la CCFA s’est montré prudent, relativisant au passage leur intérêt dans la mesure où « 6 % seulement des transmissions concernent des sociétés avec plus de deux millions de chiffre d’affaires ». « Seules 14 % vont à des investisseurs tiers, a-t-il encore pointé. 50 % des sociétés restent encore dans la famille et le reste aux salariés, confrères, amis ou arrêtent toute activité ». Pour lui, il est donc indispensable de bien identifier les cibles potentielles, d’approcher ensuite les dirigeants en leur proposant un projet, y compris en matière de ressources humaines, « pour être audible ».

 

Des filiales françaises en veille technologique

 

En matière commerciale et de marketing, les filiales possèdent un certain degré d’autonomie, puisque 34,7 % déterminent leur politique de gamme souverainement et 46,4 % décident avec leur maison-mère. Une part importante également, près de 42 %, possède des installations industrielles et 21,5 % ont même déclaré que leur production propre contribuait à plus de la moitié de leur chiffre d’affaires. Plus impressionnant encore, les trois quarts environ effectuent elles-mêmes leur veille technologique, un élément d’autant plus important de leur activité que près de 60 % possèdent un bureau d’études outre-Rhin et plus de 62 % un service de recherche et développement (R et D). Elles ont, d’ailleurs, des partenariats de R et D avec des entreprises pour plus de 43 %  et avec des universités et instituts pour plus de 35 %. Quelque 60 % des répondants utilisent encore le levier de la finance publique pour leur recherche-développement, et elles achètent, pour 52 % des entreprises, des licences et pour près de 40 % des brevets.

 

S’agissant des ressources humaines, 32,6 % consacrent plus de 2 % de leur budget à la formation, contre 0 pour 15 %. « On est dans la moyenne allemande, qui est de 2 à 5 % », estime Frédéric Berner. Et les cadres français restent très minoritaires, de l’ordre de 10 %. Dans 47 % des entreprises, on parle essentiellement anglais. Enfin, jouant la carte de l’intégration au terroir, au land, 45 % des filiales françaises indiquent appartenir à des associations (clubs d’affaires, cercles…). Et 62 % sont membres de syndicats professionnels.